16 juin 2024

Anti-pass et vaxo-sceptiques : Analyse de Hervé Ryssen

6 min read
7772 Views

Il y a eu sans doute cinq cent mille manifestants dans les rues des villes françaises ce samedi 7 août 2021 ; et il aura suffi d’une seule photo d’une jeune femme tenant une pancarte pour créer une fois de plus un climat d’hystérie. Cette jeune femme s’appelle Cassandre Fristot. Son nom a été jeté en pâture au public par les professionnels de l’antiracisme qui – comme d’habitude – réclament sa mort par pendaison en place publique. Parce qu’on sent bien que c’est cela qu’ils aimeraient, ces donneurs de leçons, qui ne supportent ni la contradiction, ni le débat, ni rien du tout qui pourrait ressembler à une critique de leur pouvoir. « QUI ? » peut-on lire sur la pancarte de cette jeune femme, au milieu des noms des responsables politiques qui veulent absolument nous faire vacciner.

Le « Qui ? » fait écho à un entretien du 18 juin sur la chaîne CNews entre un petit journaliste inconnu nommé Claude Posternak et le général Dominique Delawarde, qui avait évoqué « la meute médiatique occidentale dont nous savons qui la contrôle ». Claude Posternak, les yeux gros d’une haine difficilement contenue, l’avait sommé de préciser sa pensée : « Qui ? », « Mais Qui ?!! », afin que le général français lâchât le morceau, ce qui aurait permis de porter plainte et de le faire condamner. Voilà où on en est.

Ce « qui ? » a été observé à de nombreuses reprises un peu partout dans les manifestations des semaines précédentes, sur des drapeaux, des t-shirts et des pancartes. La pancarte de Cassandre Fristot aura donc été le top départ pour la « meute médiatique ». Ce dimanche – le lendemain de la mobilisation – on a entendu des cris de douleurs sur toutes les ondes, sur toutes les chaînes de télé, sur toutes les radios et tous les sites internet des journaux subventionnés. Quelques ministres sont montés au créneau, une fois de plus, pour dénoncer l’horreur des sous-entendus. Certains candidats à la présidence de la république y ont vu un moyen de se faire bien voir et ont craché à leur tour dans le seau à champagne pour preuve de leur engagement républicain. Enfin bref, la musique est bien connue.

Cette fois-ci, l’objectif est de jeter le discrédit sur le mouvement contre le pass sanitaire, qui prend de l’ampleur – en plein mois d’août – et qui recèle une force littéralement explosive. La « meute » (la quasi-totalité du système médiatique) avait déjà agi de la sorte avec le mouvement des Gilets jaunes qui avait été dépeint dès le départ comme une coalition d’antisémites, de conspirationnistes, de racistes, de négationnistes décérébrés et emplis de haine. Cette « haine » qui est effectivement palpable quand on regarde l’entretien entre Claude Posternak et le général Delawarde. Les deux camps sont irréconciliables.

Il aura suffi d’une pancarte, une seule pancarte pour déchaîner cette indignation médiatique. C’est dire que les journalistes étaient à l’affût. Si cette jeune femme n’avait pas été là, le pouvoir aurait trouvé autre chose. Quelques policiers en civil auraient pu par exemple graffiter des slogans antisémites ou provoquer un incident ou un autre. Le philosophe Alain Finkielkraut aurait pu opportunément se tenir à un coin de rue sur le parcours de la manifestation et se refaire insulter une deuxième fois devant une caméra qui se trouverait là au bon moment. Tous les coups sont permis. Tout cela est très classique.

Par conséquent, s’indigner de la présence de tels manifestants au prétexte qu’ils permettent à des journalistes de jeter l’opprobre sur le mouvement anti-pass sanitaire relève d’une belle candeur politique. Voici ce qu’écrit Julien Rochedy : « Les #Qui obsessionnels semblent n’être que les idiots utiles du gouvernement car ils lui servent, opportunément, à discréditer tout un mouvement. »

À ce régime, il ne faudrait pas évoquer l’immigration, sous peine de prendre le risque d’être taxé de « racisme » ; il ne faudrait pas douter de l’efficacité du vaccin, sous peine de prendre le risque d’être taxé de « conspirationniste ». Et il ne faudrait pas douter non plus du réchauffement climatique, quand on se les caille en plein mois d’août.

Surtout, c’est bien mal mesurer le potentiel révolutionnaire du mouvement, car rien ne permet de penser que le feu va s’éteindre avec ces quelques pelletées de sable contre l’antisémitisme.  Et il ne faut pas non plus être sorti de Saint-Cyr pour constater que ce mouvement est vilipendé depuis le départ par les kapo-journalistes stipendiés qui présentent les anti-pass et les vaxo-sceptiques comme des dingues bons à être piqués. Mais Julien Rochedy n’en démord pas. Écoutez ça : « Ils se prennent pour des dissidents de l’espace alors que c’est tout l’intérêt du gouvernement et des médias de voir un maximum d’antisémitisme, même quand il n’y en a pas, dans les manifs anti pass sanitaire. Idiots utiles. »

En somme, selon Julien Rochedy, le plus important serait de se faire bien voir des journalistes et des médias ! OK Julien ! Message reçu ! Mais ça fait quarante ans qu’on en soupe, de ce discours. Alors tu peux passer chez ton coiffeur et ton barbier avant d’aller pérorer sur les plateaux de CNews dans un joli petit costume si tu veux. Libre à toi. Tu peux aussi descendre dans la rue avec tes compatriotes pour tenter de renverser le cours des choses en laissant les gens exprimer leur colère à leur manière. Il faut de tout pour faire un monde. Mais tout cela n’est pas bien important au regard de la détermination populaire qui se fait jour.

Puisque les accusations déshonorantes d’« antisémitisme » n’impressionnent plus personne (sauf Julien Rochedy), le gouvernement va sans doute passer à la vitesse supérieure pour terroriser les masses récalcitrantes. Car la terreur reste encore le meilleur moyen de tenir les foules en respect.C’est ce qui risque de se passer à la rentrée quand les manifs se grossiront de tous ses parents indignés d’être de fait obligés de faire vacciner leurs enfants de douze ans alors même qu’ils ne risquent rien du covid19.

Comme au début du mouvement des Gilets jaunes, le gouvernement lâchera ses chiens – les « antifas » – afin de faire la chasse à « l’extrême-droite » antisémite dans les cortèges. Les « blocs noirs » renverseront et brûleront des voitures, casseront les vitrines, ce qui aura pour effet immédiat les tirs de grenades lacrymogènes et les LBD dans la gueule, avec une dissuasion certaine pour les femmes – nombreuses dans les cortèges – et les pères de famille.

Le seul moyen de se prémunir contre ce scénario et d’afficher clairement nos couleurs : bleu-blanc-rouge. Oui, nous sommes des patriotes. Les gauchistes n’ont qu’à organiser leurs propres manifestations. C’est précisément ce défaut d’identité qui a permis fin 2018 aux sans-frontièristes de parasiter très rapidement le mouvement des Gilets jaunes. C’est cette pusillanimité, cette gêne à porter notre drapeau qui nous a perdus. Nous avons voulu être discrets, rassembleurs, tacticiens, « la jouer habile », comme le dirait l’autre con, et l’on sait fait baiser en beauté, parce que nous avons laissé s’infiltrer ces pourritures de gauchistes, qui préféreront toujours – soyez-en bien certains – des Macron, des Pécresse et des Xavier Bertrand à des gens comme nous. Affichons donc clairement nos couleurs, mes amis.


Tribune rédigée par le camarade Hervé Ryssen

1 thought on “Anti-pass et vaxo-sceptiques : Analyse de Hervé Ryssen

  1. Très bon article de l’ami Hervé !

    « et l’on sait fait baiser en beauté »

    A bientôt !

    JC le Librairie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *