4 décembre 2022

« Chaque semaine, notre histoire » Le 16 avril 1917, l’offensive du chemin des Dames

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«La première vague part, mais est aux deux tiers fauchée par les mitrailleuses ennemies qui sont dans des petits abris en ciment armé.A 14h il neige. L’ordre nous est donné de creuser des trous individuels. Moi qui ai entendu parler du plan, je sais qu’à cette heure nous devrions déjà avoir passé Craonne et être dans la vallée de l’Ailette. Je dis aux camarades : « Ça ne va pas ! ». C’était vrai. […] Le plan d’attaque du général Nivelle est
raté. »
Le soldat Paul Clerfeuille

 

Le général français Robert Nivelle, qui remplace le général Joffre depuis le 13 décembre 1916 suite à l’échec des offensives d’Artois et de Champagne en 1915 et dans la Somme en 1916 est à la tête des armées françaises, il suit le plan d’une nouvelle offensive pour le début de l’année 1917, entre Soissons et Reims établit en partie par le général Joffre. Son objectif, faire une percée décisive dans les lignes allemandes sur le chemin des Dames en 24 à 48H. L’opération est plusieurs fois reportée, notamment suite au repli stratégique allemand sur la ligne Hindenburg (ou Siegfried), et même mise en doute (le 6 avril, Nivelle propose sa démission qui est refusée). L’opération aura quand même lieu le 16 avril 1917 à 6 heures du matin. Plus d’un million d’hommes sont rassemblés sur un front de 40 km entre Soissons et Reims : la Xe armée restée en retrait, est chargée d’exploiter les succès des Ve et VIe armées qui doivent accomplir la percée. Pour la première fois du côté français, des chars d’assaut doivent être employés. L’interminable attaque d’artillerie commence deux semaines plus tôt et compromet tout effet de surprise et derechef, ne détruit que très peu les défenses allemandes.

Le 16 avril, quand les premières vagues s’élancent à l’assaut du plateau du Chemin des Dames, elles se prennent à des barbelés et elles sont fauchées par le feu des mitrailleuses allemandes. Les mauvaises conditions climatiques (pluie, neige, vent) ont un impact terrible, en particulier dans les bataillons de tirailleurs sénégalais, des troupes en fait recrutées dans toute l’Afrique occidentale française, de Cotonou à Bamako et d’Abidjan à Tombouctou. Dès les premières heures, l’offensive apparaît comme un échec sanglant.

Malgré des pertes considérables (30 000 tués et 100 000 blessés du 16 au 25 avril) ne réussissant pas à tenir parole, Nivelle s’obstine au-delà des 24 à 48 heures annoncées.

 

Amblard de Guerry pour le Réveil des Moutons

 

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