15 juillet 2024

« Chaque semaine, notre histoire »: Procès de Louis XVI

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Procès du roi Louis XVI au palais des Tuileries à Paris, France. (Photo by API/Gamma-Rapho via Getty Images)

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La rubrique qui nous rappelle les faits marquants de la France millénaire chaque semaine.

Le 21 janvier 1793 à 10 h 22, à Paris, sur la place de la Révolution (ancienne place Louis XV, devenue en 1795 la place de la Concorde), le roi Louis XVI est décapité par le comité de salut publique.

 

Son procès est une parodie de justice puisque rares étaient ceux qui demandaient la mise en jugement du roi. Les administrations locales et départementales demeuraient aux mains des monarchistes constitutionnels ou des Girondins, qui souhaitaient l’apaisement. Seule une minorité réclamait le châtiment du roi. Les conclusions de la commission des Vingt-Quatre sur « les crimes de Louis Capet ». Au lieu d’un rapport d’instruction, rigoureux, serré, équilibré, ce n’était qu’un long bavardage désarticulé, grandiloquent, confus, vide, et déjà un franc réquisitoire contre le roi. Le dossier manquait de preuves, de témoignages, de documents irréfutables. Que lui reprochait-il ? Le coût de l’expédition de Varennes, des distributions de secours à la veuve du marquis de Favras, à la « femme Polignac », au valet de chambre de la duchesse d’Artois, aux ci-devant gardes du corps partis pour Coblence, l’argent dépensé pour corrompre les députés de la Législative, les manigances avec ses frères émigrés. « De quoi n’était-il pas coupable, le monstre ? Et voilà le ci-devant roi de France et de Navarre accusé d’avoir fait acheter à Londres, à Hambourg, à Nantes, des blés, du café, du sucre, du rhum, par l’intermédiaire de Septeuil, le trésorier de la Liste civile ! Louis XVI agioteur ! L’instructeur, mais déjà accusateur, ne pouvait se targuer que d’impressions générales, la plupart étaient subjectives. Le dépouillement des liasses – un océan de papiers épars – avait été bâclé.
Source : LOUIS XVI II. 1786-1793 Jean-Christian PETITFILS

Parmi les trente-trois chefs d’inculpations à son encontre, on peut retenir ceux-ci :
-Avoir usé du veto royal contre le décret visant les prêtres réfractaires.
-Avoir donné l’ordre de tirer sur le peuple, et avoir fait « couler le sang des Français ».
-Avoir fui à Varennes le 21 juin 1791, et avoir ordonné le massacre du peuple demandant la fin de la monarchie réunie au Champ de Mars le 17 juillet 1791.

 

Pour le premier, on accuse Louis XVI d’avoir protégé les prêtres réfractaires à la constitution, mais l’Église était respectueuse du monarque de droit divin, comment aurait-il pu trahir ses engagements ancestraux.
Pour le suivant, on accuse le roi d’avoir fait couler le sang des Français, mais ceux-là même qui l’accuse, à savoir le comité de salut public et les jacobins n’ont-ils pas ordonné le massacre et le génocide vendéen (preuves écrites indiscutables) ?
Enfin, pour le dernier, le roi n’a jamais demandé le massacre du peuple, bien au contraire puisque c’est lui qui, par deux fois a déclaré qu’il ne voulait pas faire couler le sang.
Pour appuyer ces faits, nous avons le testament de Louis XVI qui est pour le moins éloquent, voyez par vous même.

Extrait du testament du roi de France : (source : Civitas)

Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ, suivant ce que la charité chrétienne nous l’enseigne, et je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. J’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester, et à m’humilier en sa présence.
Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait. Je prie tous ceux qui ont de la charité, d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.
Je finis en déclarant devant Dieu, et prêt à paraître devant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.
Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve, qu’il ne peut faire le bonheur des peuples qu’en régnant suivant les lois, mais, en même temps, qu’un Roi ne peut les faire respecter et faire le bien qui est dans son cœur qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement, étant lié dans ses opérations, et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.

 

Article écrit par Amblard de Guerry pour le Réveil des Moutons

 

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