20 juin 2024

Le courage de nos anciens 3/3

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7eme DIVISION D’INFANTERIE.

Bataille de l’Ailette (5 et 6 juin 1940)

Le 5 Juin, la 7e division d’infanterie est engagée sur l’Ailette. Nous sommes au point culminant de la bataille de France. Sur tout le front, la pression ennemie atteint son maximum. Les attaques succèdent aux attaques. Les divisions blindées aux divisions blindées. De la Somme à l’Aisne, le tonnerre de l’artillerie gronde sans arrêt.

La 7e division a reçu l’ordre de tenir coûte que coûte. La consigne est formelle. Les unités engagées doivent se faire tuer sur place plutôt que de reculer. Cette consigne sera exécutée de point en point. La division se compose de 3 régiments : Le 93e d’infanterie, le 102e et le 130e.

Le 93e d’infanterie tient l’aile gauche du dispositif.

Le 102e est au centre, le 130e tient l’aile droite. Les premières lignes ont été fortifiées, les postes de commandement aménagés en point d’appui, celui de la division elle-même a été organisé en centre de résistance.

Depuis 48 heures, la division résiste désespérément à l’ouragan d’obus et d’engins cuirassés qui la submergent. Les premières lignes sont enfoncées. Tous les postes de bataillons encerclés résistent. Les postes de commandement de 93e et 130e d’infanterie, Colonels en tête, tiennent le choc et repoussent l’ennemi.

Le 6 Juin, à 20 h 15, l’ordre de se replier derrière l’Aisne arrive à la division. En pleine bataille, celle-ci le transmet aux unités vers 21 h.

À l’aile gauche, le 93e régiment d’infanterie, complètement fractionné et encerclé, résiste toujours.

Aucun officier de compagnie, aucun commandant de bataillon n’en reviendra. Tous combattent à leur poste, au milieu de leurs unités formées en carré, noyés dans la masse ennemie. Ils tiendront jusqu’à épuisement des munitions.

À la faveur d’une contre-attaque locale, le colonel et l’état-major de régiment parviennent à se replier, mais quand ils arrivent aux ponts de Soissons, ceux-ci ont déjà sauté. Ils doivent passer l’Aisne à la nage pour regagner nos rives.

Au centre, le 102e régiment d’infanterie a réussi à maintenir ses positions en dépit de toutes les attaques, quand il reçoit l’ordre de repli.

Protégé par la résistance des deux autres régiments qui tiennent aux ailes avec acharnement, il peut, sous un déluge de feu, se décrocher et opère son repli en bon ordre, sous la conduite de son colonel.

A l’aile droite, le 130e régiment d’infanterie lui, n’a pu être atteint par l’ordre de repli. Il exécute à la lettre, l’ordre de combattre sur place et continue la lutte après encerclement total.

Le colonel et son état-major, les chefs de bataillon, tous les officiers de compagnie sauf neuf retenus par le service en dehors de la zone cernée par l’ennemi sont restés à leurs postes.

Ils tiendront au milieu de leurs hommes jusqu’à la dernière cartouche.

Mais leur sacrifice n’est pas inutile, ils sauvent les débris de la division ainsi que le 102e d’infanterie qui parviennent ainsi à repasser l’Aisne.

Au cours des combats qui suivirent sur l’Ourcq, sur la Marne, sur la Seine, sur la Loire, les éléments survivants des 93e, 102e et 130e d’infanterie groupés autour des officiers restants continuent à soutenir la lutte avec une vaillance égale.

Malheureusement, au nord de la Loire, le colonel, les chefs de bataillon et une importante fraction du 102e d’infanterie rescapés de la bataille d’ailette, emportés par l’ardeur de la lutte, tiennent leurs positions un peu trop longtemps. Quand ils arrivent sur le fleuve, les ponts ont été détruits. Cette fois, ils ne peuvent éviter de tomber aux mains de l’ennemi.

Au moment où sonne le « cessez-le-feu » de l’Armistice, la 7e Division d’infanterie réduite à quelques éléments a largement le droit d’être citée en exemple. Elle a hautement sauvé l’honneur.

Le 93e d’infanterie a perdu en tués, blessés et disparus, plus de 2000 hommes soit 75 % de l’effectif et 60 officiers soit 75 % de l’effectif.

Le 102e d’infanterie a perdu 1600 hommes, soit 60% de l’effectif et 60 officiers soit 75% de l’effectif.

Le 130e d’infanterie a perdu 2100 hommes, soit 75 % de l’effectif et 69 officiers soit 89 % de l’effectif…

Article écrit par Augustin du Réveil des Moutons

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