18 juillet 2024

Lettre de Paris N°8

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Mon cher cousin,

Je vous écris une nouvelle fois afin de vous faire part des nouvelles de notre chère France occupée. Je me dois vous dire que l’on ne s’ennuit pas en Gaule en ce moment. Oh non pas que l’actualité soit encourageante ou réconfortante. Bien au contraire à vrai dire. Cependant je me dois de penser que les signaux sont autant au rouge pour nous que pour le système. Preuve s’il en est que nous vivons une phase de changements structurels majeurs. Ah mon cousin je ne vous écris pas pour vous faire un cours magistral mais bien pour vous donner quelques nouvelles !

Ce weekend cher cousin eu lieu un rendez-vous de la grande messe démocratique, une ravissante pièce de théâtre visant à élire de nouveaux saltimbanques tous aussi performants et drolatiques les uns que les autres. Je me dois de vous dire que pour cette édition, ils se sont donnés bien du mal pour élever le niveau de pitrerie. Dans le Nord de notre hexagone, nous avons eu tantôt le personnage du ministre ivrogne dans une auberge provinciale. Nous avons eu aussi le retour d’un personnage trop peu apprécié par le public. Le Marlène, un personnage fort original qui ne manqua pas de surprendre petits et grands tant par son originalité que par sa capacité à tester la patience des spectateurs. Malheureusement pour cette troupe de gais-lurons, la récréation a été de très courte durée car trop peu sont venus les voir. Cette troupe hétéroclite s’est donc retrouvée avec un stock de billets qu’elle n’a pu refourguer qu’à des confrères du rire. Toujours dans cette région, un certain maître Xavier, un formidable trublion à Tablier avec des symboles je dois dire mon cousin, assez étranges. Sa partenaire Valoche la mignonne s’est quant à elle distinguée dans une performance très novatrice dans la région de notre capitale. Ce personnage de Xavier le tablier s’est targué sur toute les scènes d’une soit disant victoire après avoir récupéré le stock de la bande des ministres. C’était je crois, la partie la plus ennuyante de la représentation. Toujours dans l’ennui profond de pièces vues et revues, un certain Laurent l’Auvergnat a présenté un numéro des plus conventionnel auquel je n’ai pas pris la peine d’assister, il semble avoir fait mouche en restant dans les canons classiques de la pitrerie. Cependant cher cousin je me dois de vous présenter deux autres troupes significatives, les gars de la Marine, une formidable troupe de foldingos se produisant dans toute la France. Ils étaient censés incarner des personnages de droiture, de vertus morale et civique, je dois vous dire mon cousin que je n’y ai vu, en bon réactionnaire, que des loustics tous aussi peu recommandables les uns que les autres. Selon les dires ils n’auraient réussi que quelques représentations en Provence et d’autres assez décevantes dans le reste de notre France . Je vous déconseille vivement de dépenser un seul écu pour aucune de ces troupes. La dernière dont je me dois de vous parler, les autres n’étant que des vagabonds dépenaillés cherchant quelques pourcents par là, quelques billets d’entrées ailleurs. Cette dernière bande est sûrement celle qui m’a le plus étonné par la plasticité de ses comédiens. J’ai nommé bien sûr la bande des farines, il y avait farine sarrasin, une femme assez bonne oratrice mais piètre commédienne, elle semblait même, cher cousin tenez vous bien.. croire à ce qu’elle dit. Oui ! Oui ! Voilà bien une comédienne qui prit son travail bien à coeur. Elle fut suivie de farine blonde et farine bio, deux compères qui se sont unis avec farine sarrasine pour leur prochaines représentations afin de séduire un plus grand public. Je dois vous avouer que les cacahuètes sont prêtes. Je suis sûr que cela sera des plus divertissants.

En revanche cher cousin je me dois de vous dire une vérité des plus dommageables. Plus personne dans notre cher pays ne participe à ces festivals de la gaudrioles. Plus personne ne croit à la mise en scène tant elle est devenue grossière et mal jouée. La jeunesse non plus n’y croit plus une seule seconde. Cela a pu pendant un temps tenir en haleine nos concitoyens, je remarque que plus personne ne participe à ces kermesses, le public à peut être l’oeil plus vif pour remarquer les supercheries théâtrales. C’est du moins ce qu’il me semblait jusqu’à ce que j’entende parler d’une nouvelle troupe pour la prochaine série de représentations. La troupe du soldat Z, une troupe menée par un personnage de vieux boutiquier du désert, suivie d’une cohorte de croisés en bas résille. Je sens qu’il y aura encore de l’action. Cette troupe semble prête à ravir la place des gars de la Marine. Affaire à suivre cher cousin…

Toujours au sein de notre belle France, pays du terroir, pays aux paysages uniques où il fait bon vivre. Je vous informe cher cousin que mon potager avance efficacement, je constate cela avec grand plaisir. Ne s’agit-il pas d’une liberté des plus fondamentale de pouvoir encore cultiver un petit bout de terre pour soi ? Et bien figurez vous mon cousin que même cela, nos gouvernants veulent mettre la main dessus. Un plaisir vieux comme le monde va encore passer sous le regard inquisiteur du système. Comment justifier cela ? par la lutte tenez vous bien, contre le survivalisme.. Je dois vous avouer mon cousin que lorsque j’ai vu cette dépêche, quelle ne fut pas ma surprise face à tant d’inventivité de la part de nos gouvernants. Une loi doit être votée par la gueuse quant aux « dérives sectaires liées aux survivalisme d’extrême droite ». Nous ne sommes plus au pays d’Ubu-Roi, c’est Ubu qui rédige nos nouvelles lois. La main invisible non pas du marché, mais du système s’étend inéxorablement dans un silence généralisé. Il y a peu je me suis rendu dans un stage un été afin d’acquérir savoir et bien être auprès de notre chère nature. Des techniques de culture, mais aussi une bonne remise en forme ne furent pas de trop. On est jamais trop en forme cher cousin. On y parlait entre nous de liberté, d’autonomie. Bien que les profils et les idées des participants de ces stages différaient, nous partagions une même envie de sortir des villes et de réapprendre à être autonome. Quoi de plus normal que de vouloir mener sa vie telle qu’on le souhaite. Et bien non ! Marianne ne le veut pas ! Pas de rupture avec la doxa, pas de rupture avec la morne vie citadine. Tout le monde à la même enseigne. Enfin tout le monde…suivez mon regard. Il sera donc question désormais pour chaque organisateur de ces stages ludiques, de se déclarer en préfecture, mais aussi d’être agrée vegan-Marianne friendly. Je m’arrête là dessus car je sens ma patience se déliter au fur et à mesure que je vous expose cette tartufferie.

Dernière nouvelle de l’hexagone mon cousin, une nouvelle des plus croustillante. Un Général, un fier et rusé Général à la retraite a mis je cite  » la meute médiatique », dans un émoi des plus particuliers. Qu’à t-il pu bien faire pour s’attirer les foudres des médias, et des associations communautaires nuisibles mais qui n’existent pas. Aurait-il appelé au putsch ? A la guerre civile, ou pire à une frappe nucléaire sur un petit Etat liliputien du Moyen-Orient ? Rien de tout cela, alors invité chez le pédophile notoire Momo, notre cher Général face à un agent communautaire ressemblant à la réincarnation de Trostky, n’a fait qu’énoncer un fait. Il a en effet affirmé que  » la meute médiatique » était tenue en laisse tel un bon toutou. Mais par Qui ? MAIS QUI ?!! s’époumona notre tremblotant comissaire politique. Le Général lui rétorqua sereinement, « une communauté que vous connaissez bien. » En voilà trop pour nos coeurs d’artichauts de la pensée politique ! Ce n’était plus un Général, mais la réincarnation du Maréchal pour la meute. Quelle horreur ! Quelle honte ! Quelle indignité ! Il n’en fallait pas plus pour mettre en émoi la meute médiatique et faire rappliquer sur les lieux du crime la bande de la pleurniche qui rapporte. Résultat des comptes, un Général starifié dont la retraite se retrouve soudainement pimentée. Une meute aux abois, et une bande au comptoir de la pleurniche. Cela promet de formidables rebondissements à venir.

Vous voyez bien cher cousin, que ce système est à bout de souffle et ne sait plus où taper tellement son désarroi est voyant. Cependant le colosse, bien qu’il gourverne mal, sait se défendre. Il frappe avec patience mais frappe très fort. Il frappera d’ailleurs de plus en plus fort à mesure qu’il perdra le contrôle. Cela ne laisse présager rien de bon tant la créativité de ces phénomènes est sans réserve.
Je vous laisse mon cousin, en remettant a Dieu notre sort commun et celui de la France.

A très bientôt donc mon ami,

Votre dévoué cousin


Lettre écrite par Le Cosaque 

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