24 février 2024

Mars 2023 : révolte brouillonne et renforcement de la tyrannie ?

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C’est fait : le peuple craque un peu – comme au moment des gilets jaunes – et on se livre au
coutumier blocage de rond-point, de raffinerie ou à l’allumage de quelques feux de Bengale en ville.
Les imbéciles parlent de révolution, les prudents de révoltes, les autres vont commencer à avoir
peur, alors que les médias vont reprendre leur contrôle mental de la masse des petits vieux
intoxiqués de télé qui ont remis Macron au pouvoir pour rassurer Ursula et les marchés.

J’ai relu plusieurs fois de Tocqueville ces temps derniers : un, il écrit qu’il n’y aura plus de grand
mouvement révolutionnaire. Après 89 c’est une évidence ; il a juste des coups de grisou qui
renforcent le pouvoir en en changeant l’apparence (voyez mes textes sur Jouvenel) ; on passe de la
monarchie parlementaire à la république (1830-1848), puis on entre en république après la
parenthèse effrayante du Second Empire inspirateur de Maurice Joly et du monde moderne ;
république qui fait le jeu des élites bourgeoises libérales et des marchés financiers, accroit toujours
la dette, se montre belliqueuse humanitaire et à coups de guerres idéologiques (le militarisme
prussien), de colonisation et de décolonisation, n’est jamais avare du sang de la France.

Deux, Tocqueville écrit aussi que l’on bouge peu en démocratie car on adore le fric et on court après.
Les seuls capables de faire bouger les choses ce sont les milliardaires et les banquiers qui vont créer
un monde froid et chiffré à leur image. Chesterton, Nizan ou Jack London le décrivent à leur manière
dans les bouquins que j’ai recensés.

Avec Macron nous sommes arrivés à la principauté républicaine redoutée – donc revenus en 1852.
C’est un régime féroce au secours des marchés (le 49.3) et qui s’appuie sur une base sociologique
large : fonctionnaires, retraités, petits vieux, aventuriers, Thénardier enragés. Ce régime sert la caste
mondialiste et applique nument le Grand Reset sans que la masse crétinisée depuis longtemps
(Tocqueville parle de « peuple abruti » par la classe industrielle) sache encore de quoi il s’agit.

La rue bouge, soit. On peut s’en réjouir, on peut aussi s’en inquiéter. On connaît le False Flag, on
connaît l’efficacité du système à se défendre. Comme dit si justement Anatole France (et pas
Maurras), la république est un régime qui gouverne mal mais se défend bien. Un demi-million de
fonctionnaires prêts à liquider ou à calmer l’opposition. Vichy aussi avait multiplié le nombre de
fonctionnaires. On peut aussi rappeler que l’épuisement physique ne joue pas en notre faveur : perte
d’un tiers de nos capacités respiratoires en vingt ans, c’est insuffisant pour contester un pouvoir qui
en a vu d’autres.

Macron peut-il être balayé ? Oui, si ses manipulateurs ont trouvé mieux. On connait la devise de la
république : quand elle touche le fond, elle creuse encore. Il peut donc partir et être remplacé par
pire que lui.

Article écrit par Nicolas Bonnal pour le Réveil des Moutons

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Tocqueville et la raréfaction des révolutions en démocratie : « Je tremble, je le confesse, qu’ils ne se laissent enfin si bien posséder par un lâche amour des jouissances présentes, que l’intérêt de leur propre avenir et de celui de leurs descendants disparaisse, et qu’ils aiment mieux suivre mollement le cours de leur destinée, que de faire au besoin un soudain et énergique effort pour le redresser. »

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