26 mai 2024

Se préparer aux temps troublés qui viennent

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« La Cigale, ayant chanté Tout l’été, Se trouva fort dépourvue. Quand la bise fut venue » Jean de la Fontaine.

Je ne vais pas prétendre ici être un survivaliste endurci, ni même pour tout dire partager la totalité des thèses afférentes à ce mouvement. Néanmoins, l’honnêteté intellectuelle commande de reconnaitre les nombreuses vérités énoncées par les collapsologues au sens large : il est évident que les chaines d’approvisionnement alimentaires, énergétiques (et plus généralement tout ce que nous consommons quotidiennement) sont très peu résilientes. En effet, les productions locales ayant largement disparues, nous dépendons dans une large mesure de grandes surfaces de vente, elles mêmes fournies par un balai incessant de camions approvisionnés depuis d’immenses centrales d’achat, elles même dépendantes bien souvent d’importations étrangères voir carrément exotiques.

Ainsi en cas de problème dans ces systèmes de logistique complexes et fortement interconnectés, les conséquences pourraient rapidement devenir désastreuses. L’histoire récente du blocage du canal de Suez, véritable point névralgique du commerce mondial en est un exemple. Les différentes pénuries relatées par la presse depuis environ un an en sont d’autres. Comme le dit l’adage, mieux vaut prévenir que guérir et c’est précisément ce que je vous propose ici, se préparer à son niveau et avec des moyens financiers limités à ne pas subir de plein fouet d’éventuels (hypothétiques) problèmes d’approvisionnement.

En préambule, il est intéressant de noter que la constitution de stocks, de nourriture notamment, était une chose tout à fait banale pour nos grands-parents. Chaque été, ils commandaient une cinquantaine de kilos de pomme de terre à un agriculteur proche de chez eux, fabriquaient des centaines de bocaux et de conserves faits maison: sauce tomate, confitures, fruits d’été en sirop, de légumineuses, etc. Ce qui nécessitait un travail énorme de cueillette, d’achat de produits, de préparation puis de lavage des bocaux, de stérilisation et enfin d’étiquetage et de stockage.
C’était une chose naturelle, répétée chaque année, en prévision de l’hiver. Par ailleurs, les placards étaient toujours plein et les réserves constamment renouvelées en bougies, piles, allumettes, bois, articles d’hygiène, condiments, sel, poivre, épices, conserves, etc.

Il faut dire que la génération de mes grands parents, née au début du XXème siècle juste avant ou juste après la Grande Guerre, avait encore ce sens du tragique dans l’Histoire, de l’imprévu et des coups durs potentiels comme horizon. Bien loin des hypermarchés, de l’hédonisme forcenée, et de la société de consommation avec son confort qui en quelques décennies nous a fait abandonner des traditions et des pratiques immémoriales.
C’est pour cela que je vous invite à renouer avec le bon sens de nos anciens, tout en tenant compte de certains avantages bien réels de notre belle époque progressiste.
Au premier rang desquels l’abondance et l’aspect relativement bon marché des produits alimentaires à l’heure où j’écris ces lignes : songez qu’en 1950, les français consacraient de mémoire presque la moitié de leurs revenus pour se nourrir ! Pas d’excuse donc pour ne pas se constituer un petit stock dès à présent, selon des modalités que vous définirez individuellement. Pour réussir au mieux dans cette entreprise, voici les quelques conseils que je peux modestement vous donner :

1. les quantités

Ce facteur doit être envisagé selon deux critères principaux, la place que vous pouvez consacrer au stockage et le temps d’autonomie alimentaire que vous estimez nécessaire. A titre personnel, je pense que l’idéal est entre 3 et 6 mois car au-delà, la pertinence d’un stockage supplémentaire m’apparait comme faible. Si une situation de pénurie grave devait durer plus longtemps, des troubles tels et des problèmes connexes tels, rendraient à mon sens dérisoire des réserves, y compris de plusieurs années (en admettant qu’elles soient réalisables pour tout un chacun dans de bonnes conditions ce qui est loin d’être le cas).

Afin d’évaluer vos besoins, une technique possible est de noter tout ce que consomme votre foyer durant une semaine. La semaine suivante, d’acheter uniquement ce qui se trouve sur cette liste afin d’identifier ce qui vous aura manqué. La troisième semaine, faire vos courses en multipliant par un facteur x vos quantités pour une semaine. Recommencer l’opération jusqu’à atteindre votre durée d’autonomie fixée au préalable.

Enfin, de manière générale, nous mangeons trop, trop de tout. Ainsi n’ayez pas peur de manquer et aller à l’essentiel, le cas échéant il sera toujours temps de réduire les doses, en ne faisant qu’un repas par jour par exemple. Sauf pour les enfants.

2. La nature des stocks

Attention ne pas négliger l’aspect énergétique de la cuisson des aliments. En cas de problème, il est envisageable que l’énergie vienne à manquer, notamment électrique. Il convient donc d’avoir un plan B soit en ayant recours à une vieille cuisinière à gaz (une centaine d’euros sur le boncoin) avec quelques bouteilles de réserve ou une cuisinière à bois (plus complexe en milieu urbain). Il est également possible de consommer des aliments ne nécessitant pas de cuisson comme certaines fèves à tremper, des graines à manger, ou des graines à germer, etc. Qui ont pour avantage non négligeable d’être excellentes pour la santé.
Certaines conserves, notamment de petits poissons sont également intéressantes.

Ceci m’amène à un autre point crucial, celui de la qualité des produits stockés. Faire des murs de cassoulet ou de raviolis en boite ne me semble pas la bonne façon de procéder. Ni non plus les bidons de produits lyophilisés en vente sur des sites spécialisés dans la fin du monde.
Enfin, je recommande de stocker quelques aliments « plaisir » type sucreries, chocolat ou autres choses capables d’égaier vos papilles (et celles de vos enfants surtout).

3. Quelques aspects pratiques

En l’état actuel des choses, aucune urgence à se constituer dès demain un an de réserves de nourriture. Il convient au contraire de prendre son temps, de bien y réfléchir, de le faire par étapes en profitant pourquoi pas de promotions par exemple. Ceci a également l’avantage de lisser les dépenses dans le temps.
De plus, cette technique permet de rendre votre stock dynamique en le complétant au fur et à mesure, en utilisant certains produits en fonction des Dates Limites de Consommation notamment avant de les remplacer, etc.
Le lieu de stockage doit être accessible, sec et tempéré autant que possible, surélevé et bien ordonné. Les produits à consommer en premier à l’avant des rayonnages.

4. L’eau

Je ne recommande absolument pas de faire des stocks d’eau important. Pour des raisons de place et surtout d’optimalité, les quantités à stocker seraient beaucoup trop importantes (240 litres par mois pour une famille de quatre, soit 160 grandes bouteilles…). Il est donc bien plus intéressant d’investir dans un filtre à eau ainsi que quelques bidons et jerricans de grosse contenance. Il est tout à fait possible de récolter de l’eau de pluie même en ville, ou d’aller en chercher directement dans un cours d’eau. Attention dans ce cas à filtrer l’eau avec des linges en coton avant de la mettre dans votre filtre afin de ne pas l’encrasser trop rapidement.

 

Il existe bien d’autres aspects à traiter et notamment en matières de santé, il me semble important de se constituer une pharmacie afin d’éviter de dépendre des autorités de santé dont vous savez qu’elles ne souhaitent désormais plus soigner les non vaccinés…Mais également de communication hors réseaux téléphonique et internet ou de défense. Bref beaucoup d’autres sujets sur lesquels je reviendrai si les évènements venaient à se précipiter. En attendant, je vous souhaite à tous de bons préparatifs, et surtout de ne pas à avoir à les utiliser trop rapidement.


Article écrit par Jules pour le Réveil Des Moutons.

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