5 juillet 2022

Un autre p’tit nouveau !

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Hélas !! Hélas, très chers lecteurs ! En dépit de mes efforts les plus méritants, je vous annonce avec une pointe d’amertume et de honte, que le fameux syndrome de la page blanche me joue encore de vilains tours. Le taquin ! Que soit maudit cet affreux mal qui frappe surtout les meilleurs tels que moi ! Croyez-moi, je vous en conjure, fidèles lecteurs ! Je me meurs à petit feu lorsque je songe que les mots qui me manquent, laisseront chez vous ce vide abyssal qui ne cesse de me narguer.

Il m’est apparu une idée d’article pourtant, il y a peu. Ma foi, trois fois rien… Ce fut celle de vous détailler, avec la plume particulièrement acérée qu’est la mienne, le comportement de quelques citoyens portant encore le masque sur le museau, alors que celui-ci n’est plus obligatoire. Mais que voulez-vous… Je n’ai pas trouvé le moyen de tourner au ridicule ce qui a déjà touché le fond de cuve de l’aberration humaine. Si vous voulez, je pense qu’au-delà de cela, la vie a fait place au néant.
C’est précisément pour cette raison que, censurant consciemment l’immense talent dont j’ai l’honneur de jouir, je me suis décidé à servir de tremplin pour un autre petit jeune. Par cette action charitable de ma part, j’ose espérer lui faire prendre son envol.
C’est la seconde fois que je mets ma notoriété incontestable au service de l’avenir de la littérature. Rappelez-vous ! Le premier à ouvrir le bal était un jeune garçon, un brin timide, qui se nommait Louis-Ferdinand Céline. Oh ! Permettez-moi de vous rassurer sur son cas. Depuis son passage ici, dans un de mes articles publié sur le réveil des moutons, le jeune Céline à connu une ascension des plus spectaculaire ! Le monde de la littérature se l’arrache dorénavant ! Il croule sous diverses propositions, contrats alléchants et prix littéraires ! C’est un réel plaisir pour moi que ma réputation se plie au service du bien d’autrui. Et tout ceci bien sûr, c’est avant tout grâce à vous, précieux lecteurs. Certes, sa gloire est encore loin d’atteindre la mienne. Sa plume, encore un peu verte s’expérimente encore à naviguer à travers les océans de mots au-dessus desquels émergent, tels des explorateurs surpris, un horizon de lecteurs irrésolus. Il ne tient qu’à lui de travailler, encore et encore… La grandeur se gagne et je sais de quoi je parle.

Bien ! Faisons entrer, sans plus tarder, le second candidat ! Merci de l’applaudir chaleureusement ! Je vous informe que ce candidat a été choisi par mon équipe d’experts et que je ne l’ai jamais vu ! Viens donc prés de moi, jeune passionné ! Voilà…. Alors, dis moi jeune homme, comment t’appelles-tu ? Ah ! L’on me fait signe dans l’oreillette que celui-ci est sourd et qu’il faut que je parle plus fort. Ça commence bien ! Vous m’en verrez fort fâché, Chers Lecteurs, car l’augmentation du volume par écrit enlaidit le texte selon moi. Je vous présente, par avance toutes mes excuses.
Bon, COMMENT TU T’APPELLES ? Comment il a dit ? Charles Bronson ? C’est normal qu’il ait également du mal à articuler ce jeune ? PEUX-TU RÉPÉTER STP ?? Charles Mau rras ? Charles Maurras ! On y arrive ! Alléluia ! On me dit encore dans l’oreillette que tu veux faire journaliste plus tard. Mais bien sûr ! Et pourquoi pas comique aussi ! Je pense que tu n’es pas sans savoir, Charles, que travailler en tant que journaliste en ayant une surdité comme la tienne, va être très compliqué ! Et puis soyons sérieux ! Comment comptes-tu sublimer l’art oratoire par écrit alors que tu n’es même pas capable de l’entendre convenablement ? Comment peut-on retranscrire sur une feuille toute la subtilité des sons que l’on entend lorsque justement aucun son ou si peu, ne vient à nos oreilles ? Il va manquer des notes à la partition ! Ha ha ha ! Excusez-moi Charles, loin de moi l’envie de vouloir te démotiver, mais il faut se rendre à l’évidence, peut-être, n’es-tu pas fait pour écrire… Je parle avec mon expérience, celle-ci est ornée de gloire et il y a peu de chances que je me trompe. Ma virtuosité me prédispose à flairer le futur talent, mais également son contraire, j’en suis navré. Je veux bien que ma popularité soit efficace à propulser l’artiste banal, mais là, je crois que vous me demandez l’impossible ! Autant demander à un antifa de réfléchir, c’est chose perdue par avance, je te le dis.
Encore une preuve formelle que la jeunesse ne se nourrit que de rêves… Pour cette fois-ci, ô que je suis bon ! Je veux bien donner une chance à l’impossible ! Vas-y, jeune homme, lis ton texte… … … 

Mais qu’est-ce qu’il fout ? Pourquoi il ne lit pas ? Ah oui, c’est vrai, il est sourd ce con… En fait, il a rien entendu de ce que je lui ai dit depuis le début… C’est comme si sa surdité avait jeté aux toilettes tous les conseils que je viens de lui prodiguer. Mon amabilité me perdra…
CHARLES !!! LIS TON TEXTE !!! Enfin ! Il a entendu !

 » Le Maréchal Pétain ne se contente pas d’émettre de jour en jour, dans les termes les plus élevés et du ton le plus noble, les lois intellectuelles et morales de la restauration du pays, il agit : sa politique associe l’armée de très près à l’effort de redressement. Les chefs militaires sont nommés à de grandes charges. Nous ne nous donnerons pas le ridicule de dire que cette voie est la bonne. C’est la seule. Les bons citoyens ne ménagent donc pas l’expression de leur loyalisme fidèle à ceux qui ont eu le courage de s’y engager. Les poursuites contre certains crimes d’Etat flagrants appartiennent au même modèle d’actes publics qui tendent à restaurer l’espérance. (…)

C’est du pays réel, de son cœur, de son âme et de son génie millénaire qu’est sortie notre armée, dans son ordre et dans son esprit. Le gouvernement de l’armée fait l’image éclatante de l’unité française. Le gouvernement des partis est le symbole de nos divisions, comme il en est la cause, comme il en est l’effet. Son retour conduirait au partage du sol et à la mort du peuple. Attention à cet ennemi intérieur ! Les maux qu’il a faits sont encore très peu de chose au prix de tous ceux dont il ne faut pas lui laisser retrouver les moyens.

 Coeurs serrés ou broyés, yeux brouillés de tant de misères, nous avons ce devoir supérieur : garder la tête froide, et le regard lucide. C’est de la fermeté de la pensée française que tout dépend.

Une pensée digne de ce nom est libre de tous les poids matériels, qu’ils lui soient imposés par l’émeute ou par l’étranger.

Lorsque Jean Gottlieb Fichte, deux années après Iéna, prononça, à l’université de Berlin, ces discours à la nation allemande d’où partirent le relèvement de son pays, il y avait un gouverneur français dans la capitale de la Prusse ; cent soixante ans du régime établi par les traités de Westphalie avaient conduit l’Allemagne à un degré d’impuissance tout pareil à celui que nous ont valu cent cinquante ans de démocraties. Cependant, le philosophe du Germanisme avait gardé l’espérance. Qu’est-ce qui nous oblige à la perdre, nous ?  »

 Extrait de  »La seule France » de Charles Maurras

 

Bien évidemment, je conseille à tout le monde de lire l’immense œuvre de Charles Maurras. Ses livres, ses articles et tout ce que vous pourrez trouver sur lui ne feront que vous enrichir intellectuellement parlant. De plus, fine lame de la jouxte littéraire, ces écrits chantants, mariant la simplicité avec lucidité, sont des plus plaisants à parcourir.
Charles Maurras, c’est des milliers d’articles, des dizaines de livres et un engagement total, durant toute sa vie, pour la France. Un monstre…

PS : je tiens à rajouter, pour les progressistes qui m’accuseraient de me foutre gratuitement de la gueule des sourds dans cet article, que je suis moi aussi sourd à 60%. Voilà, démerdez-vous avec ça.

Article écrit par Augustin du Réveil des Moutons

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