4 décembre 2022

Vers la fin d’internet

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« La question n’est pas d’en revenir à la chandelle, mais de défendre l’individu contre un pouvoir mille fois plus efficace et plus écrasant qu’aucun de ceux dont disposaient jadis les tyrans les plus fameux. »
La liberté pour quoi faire ? Georges Bernanos, 1954

 

Depuis une vingtaine d’années les nouvelles technologies ont révolutionné notre existence. Pour le meilleur comme pour le pire, nous sommes en permanence accompagnés par ces médiateurs digitaux, guidés par leurs suggestions, dirigés par leurs recommandations, bercés par leurs mélodies. Pourtant, qu’il s’agisse de téléphones portables ou d’ordinateurs, nous arrivons à la fin d’une ère qui n’aura duré qu’une petite vingtaine d’années. Car ces instruments qui pouvaient hier encore nous éclairer seront demain des outils majeurs d’asservissement.

Le téléphone portable

Le téléphone portable est arrivé vers la fin des années 90 et a véritablement pris son essor en 2008 avec l’introduction du premier iPhone. C’est de l’histoire très récente. Il n’y a pas si longtemps encore nous planifions nos rendez-vous, utilisions des cabines téléphoniques, sonnions à l’improviste chez des amis, utilisions des cartes routières, nous rendions dans des agences de voyage ou des librairies. La belle époque !

Le smartphone a grandement altéré nos comportements. Plus qu’un simple moyen de communication, il met à portée de main nos encyclopédies, permet les paiements, distrait les voyageurs, remplace nos appareils photos, nos montres, nos livres. Ce faisant il est devenu un compagnon de chaque instant, du réveil au coucher, voire plus encore (nombre de personnes dorment avec ce petit appareil sur la table de nuit ou sous l’oreiller). Nous sommes disposés à dépenser des fortunes pour ces objets rapidement obsolètes, leur consacrant un budget mensuel significatif. On se souviendra de ce pauvre chinois disposé à vendre un rein afin d’acquérir le dernier iPhone…

Rapidement toutefois surgissent les dangers liés à cette omniprésence : repli sur soi, accoutumance, dépendance, manque de concentration. Et depuis 2020, le téléphone est devenu primordial pour la présentation d’autorisations de sortie et de pass sanitaires, la lecture de QR codes et autres opérations « sans contact ». De sorte que dans toutes les villes de France déambulent des créatures, mi-hommes mi-robots, avançant la main tendue et les yeux rivés sur l’écran, telles des hordes sauvages en voie de transhumanisation.

Bien entendu avec le projet digital européen de fusion de l’identité biologique, bancaire et sanitaire, dans l’attente de l’implantation sous-cutanée (le patron de Nokia anticipe la généralisation de cet événement pour 2030), le smartphone ne va devenir que plus essentiel dans le modèle contemporain de contrôle social. Nous invitons d’ailleurs le lecteur à visionner le documentaire 2000 Mules portant sur le trucage de l’élection américaine. Hors du sujet principal, nous y apprenons que les données de chacun, collectées par nos applications, permettent à quiconque de tracer l’ensemble de nos déplacements.

La conclusion pour tout homme libre est évidente : il faut se débarrasser de son portable au plus vite. L’auteur de ces lignes l’a fait il y a plus d’un an déjà. Et quelle délivrance, quelle volupté ! De sortie, pouvoir laisser libre cours à ses réflexions, reprendre un rythme normal, se couper de la tyrannie de l’instantané. Vivre pleinement dans son environnement immédiat, cependant que ces cyborgs masqués, casqués, et aveuglés se transposent sans cesse ailleurs.

Et qu’on ne me dise pas que la chose n’est pas possible dans le cadre privé ! Certes je ne peux plus acheter sur internet et dois me rendre au guichet automatique de ma banque. J’ai ressorti mes cartes routières. Je suis tenu de m’organiser à l’avance. Et alors ? Sont-ce là des inconvénients de nature à me faire renoncer à une tranche plus grande de liberté ?

L’internet

L’internet a indubitablement été pour nous « dissidents » un outil privilégié dans notre quête de Vérité.

En vingt petites années (l’internet civil est apparu dès le début des années 1990 mais n’a eu un impact véritable sur nos vies qu’à l’horizon du nouveau millénaire) nous avons pu nous intéresser et revoir sous un autre angle une multitude de sujets. Histoire, sciences, politique, anthropologie, culture : nous avons pu revisiter ces matières sans le filtre de nos maîtres d’école, de notre famille, de l’État, des médias de masse. Et nous avons découvert tant de pots aux roses !

Y’a t-il encore des sujets sur lesquels nous ayons conservé nos illusions d’antan ? Que ce soit, pêle-mêle, la révolution française, Darwin, Buzz Aldrin, les virus, la monnaie, le sucre, Outreaux, les guerres, le climat, ou même l’ascension fulgurante de Madonna (une cousine de la famille Bush), nous en avons appris des vertes et des pas mûres. D’ailleurs, tout ce que nous pensions savoir s’est révélé tellement faux qu’à l’instar de Descartes nombre d’entre nous avons tout repris à zéro. En ce sens nous devons une fière chandelle à l’internet.

Oui mais voilà, comme pour la téléphonie, la toile est progressivement en train d’être sabordée. Flicage, répression des pensées non autorisées, tout prétexte est bon pour ramener sous la coupe du pouvoir cet outil devenu enjeu de résistance. La Commission Européenne a déjà publié un projet de loi requérant les opérateurs de messageries de vérifier les contenus des envois. D’autres projets sont dans les valises pour nous assigner un code d’accès unique afin de mettre un terme définitif à l’anonymat en-ligne. Toutes nos recherches et nos lectures pourraient donc prochainement être connues.

Quand l’anonymat prendra fin, alors les cryptomonnaies perdront également de leur intérêt, et l’accès à internet deviendra lui-même superficiel, car un clic de travers pourra nous perdre (épée de Damoclès du crime de haine). D’ailleurs, aux États-Unis, un ministère de la vérité (Disinformation Government Board) est en cours d’élaboration afin de mettre en branle ce projet. En Iran, en Chine ou ailleurs, dès que des révoltes populaires s’organisent (contre les pénuries, l’inflation ou les mesures covid), l’internet est tout simplement coupé. Quand il est remis en route, de nombreux sites en ont disparu…

Il y a donc fort à parier que le piège de Big Brother va prochainement se refermer sur nous. Maintenant que toute la dissidence est réunie sur l’application Telegram, dont le fondateur est membre à part entière du Forum économique mondial, nul besoin pour les autorités d’aller très loin pour repérer les fauteurs de trouble. La répression du monde virtuel pourrait dorénavant aller très vite dans le réel à l’instar de Manu (le patron de ce site) condamné par une « justice » expéditive pour des propos pourtant anodins. Pour lui c’était du pognon ; pour d’autres de la prison. Nous savons ce qui nous attends tous tôt ou tard si nous ne prenons les mesures nécessaires.

Conclusion

D’ici peu, pour l’utilisateur identifiable et condamnable, l’internet ne sera que d’une utilité très relative. Il y aura eu en somme une « parenthèse internet » qui aura permis aux plus braves et aux plus curieux de voir le magicien d’Oz actionner en coulisse ses manivelles. Nous savons à présent que le blanc est noir, ou tout du moins une variante de gris.

L’internet libre nous aura néanmoins éloigné du Livre. Même pour les plus disciplinés d’entre nous, l’attrait des dernières nouvelles interromps trop facilement une lecture parfois complexe. Nous nous réjouissons donc, comme pour le téléphone portable, d’un éloignement progressif des écrans (il y a vingt ans que la télé a disparu de nos foyers).

D’ailleurs, à titre personnel, ma décision est prise : je vais faire une cure de désintoxication complète cet été. Aucun appareil électronique courant juillet et août. Strictement du papier, des discussions entres amis, la mer et la forêt. Les jours d’internet sont comptés, et ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle !

 

Lawrence d’Arabie pour le Réveil des Moutons

 

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