3 décembre 2021

Walter Scott: Quentin Durward

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Une fois n’est pas coutume camarades, aujourd’hui nous nous attarderons sur une oeuvre littéraire. Ce Roman qui tient particulièrement à coeur de votre serviteur est un condensé de ce que nous étions. Il mérite d’être lu à plus d’un titre. Ce roman du maître écossais Walter Scott n’est pas le plus connu de son Oeuvre, cependant il se doit de figurer dans la bibliothèque d’un Européen enraciné.

Vie et Oeuvre de Walter Scott:

Sir Walter Scott naquit à Edimbourg le 15 août 1771 et mourut à Abbotsford le 20 septembre 1832. Fils d’un écrivain du sceau il se destina comme son père à la carrière du barreau, avant de devenir l’un des plus grand romanciers de son siècle. Victime d’une mauvaise santé toute son enfance, accompagné de séjours répétés à la campagne afin de se soigner, le jeune Walter se constitue peu à peu son imaginaire. Il démontra rapidement une curiosité intellectuelle dévorante et se mit à apprendre le latin et à avoir un professeur particulier de français. Cependant ses maîtres avaient une piètre estime de lui. Il demeura cependant un lecteur compulsif et lisait tout ce qui constituait les bibliothèques de son entourage. Vers ses seize ans, sa culture était éparse et assez désordonnée, il savait un peu de latin, un peu de grec, de français et beaucoup d’histoire. Après des études de droit de cinq ans afin de reprendre la suite de son père il fut reçu en tant qu’avocat en 1792. Cependant sa passion pour la littérature le suivait et il restait convaincu de vouloir faire carrière dans les lettres. Ses premières tentatives littéraires furent en poésie et connurent très peu de succès. Jeune homme joyeux d’un aimable caractère, il avait soif d’aventure et parcouru longuement les montagnes d’Ecosse, tantôt à pied ou à cheval. Il côtoyait alors paysan, highlander, personnes peu recommandables qui nourrirent son univers mental. En 1797 il se maria et eut par la suite deux fils et deux filles. Après un premier succès littéraire, Walter Scott se décida définitivement à céder son poste au barreau et à se consacrer pleinement à sa carrière littéraire. Il publia alors de nombreux recueils poétiques évoquant la nature, le patrimoine écossais et son folklore. Son tableau de l’Ecosse bien que souvent fantasmé historiquement n’en demeure pas moins évoqué de façon charmante et vraie dans ces oeuvres poétiques. Il fit le choix par la suite de publier des romans. Son intuition fut la bonne et fit sa gloire.
Le nouveau romancier avait pour aspiration de représenter sous forme de Roman l’Ecosse héroique et mythique. Son roman, Waverley paru en 1814 réalisa cette conception. De 1815 à 1827, Walter Scott fut un auteur prolifique qui publia pas loin de 18 romans dont Ivanhoe, la Fiancée de Lammenor, et Quentin Durward sur lequel nous nous attarderons quelque peu. Ces ouvrages forment les plus beaux fleurons de sa gloire littéraire. L’auteur devint alors l’objet d’une espèce de culte de la part des auteurs britanniques et étrangers. Notamment en France où il marqua profondément Balzac. Cette influence se retrouve de manière très présente dans Les Illusions Perdues. Sa popularité était grande, et lorsque le roi Georges fit en 1822, son excursion en Ecosse, il fut désigné pour faire au souverain les honneurs de son pays. C’est ainsi qu’après cet éloge de cette figure centrale de la culture écossaise et européenne je me dois de vous parler du roman Quentin Durward

Résumé et Critique:

Ce précieux roman nous narre l’histoire de Quentin Durward, jeune écossais, dernier survivant d’une famille noble qui fut massacré par un clan rival. Se réfugiant en France, il est amené à se mettre au service du Roi de France Louis XI alors en pleine lutte contre la maison de Bourgogne et son Duc, le célèbre Charles le Téméraire. C’est dans ce contexte de tensions que Quentin va prendre place. Ce jeune homme fougueux et courageux ne manquera pas d’occasions de montrer sa bravoure et son opiniâtreté. A cette époque et depuis le règne de Charles VII, la garde rapprochée du Roi est assurée par la troupe des archers écossais. Alors dans notre histoire au nombre de 300. Ces valeureux écossais, ennemis jurés de l’Angleterre, furent au service du Roi de France. Quentin joignit alors ce prestigieux corps militaire. Par ses liens, sa fougue, et l’habileté du Roi Louis XI de déceler les talents autour de lui, le jeune écossais se vit confier une mission de la plus haute importance. Quentin se verra alors confier une mission en apparence banale, escorter deux princesses en fuite de la cour du Duc de Bourgogne. Il se doit alors de les placer en sécurité chez le prince-évêque de Liège. Ce périple sera alors un chemin de croix pour notre écossais qui sera mis à l’épreuve. Le lecteur pourra parcourir maints dangers en compagnie de ces dames et de notre héros. Ce dernier ne reniant jamais son serment d’accomplir sa mission. Cette quête, pris dans le tourbillon de la lutte de la maison de France contre la maison de Bourgogne, prendra alors de nombreux détours. Le lecteur ne se lassera jamais des intrigues politiques, des complots, machineries où seul l’objectif compte. Au milieu de tout cela Quentin tentera de suivre son code d’honneur et ses valeurs… Le portrait de Louis XI dans ce roman, quoique historiquement folklorique par moments, n’en demeure pas moins un trésor d’anecdotes que l’auteur retranscrit grÄce à une documentation sérieuse. Le Roi y ait ainsi peint comme un fin politique où la raison d’Etat justifie tout. Ce Roi superstitieux, présent dans toutes les cabbales sera un personnage central de notre intrigue. Parlons-en de l’art de l’intrigue chez Walter Scott. En un mot chers camarades, une leçon pour quiconque souhaite s’essayer à l’art narratif. Les rebondissements, intrigues secrètes, accompagnés d’une narration puissante et si juste vous plongeront dans la France du XVème siècle comme si vous y étiez. Bien que les événements historiques ne soient pas toujours traités avec précision, l’acuité des descriptions est époustouflante. Bien plus qu’un simple historien, Walter Scott est dans ce roman, un merveilleux historien des moeurs de ce siècle
Nous ne pouvons que vous conseiller de lire cet ouvrage, et ce, pour diverses raisons. Tout d’abord pour la qualité esthétique évidente de cette narration si atypique qui fit de Walter Scott encore aujourd’hui le maître du roman historique. Mais aussi pour les différentes peintures des moeurs, des scènes historiques de batailles, de combats qui jalonnent ce roman ou encore des portraits si réalistes. L’univers mit en place par l’auteur sera une délectation pour celui qui cherche à s’enraciner dans ce magnifique imaginaire européen. Enracinons-nous chers camarades, la littérature fait partie de ces biais que nous nous devons de préserver. Celui qui cherchera à se plonger dans la morale de ce siècle, de ses moeurs, de ses habitudes et de détails de la vie quotidienne sera comblé par la profusion de détails qui font de ce roman une oeuvre fondamentale de la part auteur indispensable.

Héritage de Walter Scott:

Pour beaucoup, Walter Scott est l’un des romanciers qui annoncèrent la résurrection du Moyen-Age. Sa main reconstruit alors les vieux manoirs féodaux, les villages médiévaux, les tenues d’époque, les armures de chevaliers. Plus que des paysages, Walter Scott reconstruit alors des peuples, des habitudes, les superstitions, les préjugés, mais aussi la foi ardente de chaque individu de cette époque. Il propose alors aussi bien des réflexions sur le pouvoir, la politique, que la religion et la foi des hommes. Tandis que les personnages s’affrontent en tentant de conserver leur honneur, le romancier nous dépeint un monde qui est bien loin du notre et qui mériterai a être plus étudié.

 

Article écrit par Le Cosaque pour le Réveil des Moutons

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